Oui alors bon, je sais ce que tu te dis (je sais tout, je suis omnisciente, je suis Jésus revenu parmi les siens): cette fille a honteusement laché son blog sous des prétextes fallacieux dont la flemme est le dénominateur commun. C'est pas faux. Mais à ma décharge, je dois dire que mon précieux temps libre est réduit à peau de chagrin: quand je ne peins pas une fenêtre, je cours après mon menuisier pour lui rappeler de venir consolider et sécuriser le f....g trou de 2m x 0,80m qu'il a fait dans mon plancher (sinon ça ne lui serait pas venu à l'esprit...); et quand je ne boucle pas un carton, je me fais des mini-crises cardiaques juste pour le fun en relisant les devis de mes artisans. Voilà, t'as compris, je suis désormais PROPRIO. Et endettée. Et jusqu'au cou dans l'enfer des travaux.

Mais contente quand même.

Parce que ma maison est trop cute, parce que j'ai mon coin d'herbe à moi, avec vue (réduite eu égard au cerisier envahisseur du voisin, va falloir revoir ce point) sur la montagne et barbec inclus, et surtout désormais 30 m² de moins à nettoyer (je t'avais pas dit que jusqu'à présent, je louais l'équivalent du château de Chambord en terme de rapport nombre de pièces/nombre d'habitants? Je vis au dessus de mes moyens et de mes ambitions).

Enfin bref, j'ai un peu de pain sur la planche mais je tiens le bon bout. Dans 3 semaines j'emménage et tout devrait rentrer dans l'ordre progressivement.

En attendant, je vais te raconter la true story qui m'est arrivée cet été. Un peu de ma life devrait t'aider à attendre des jours bloguesques meilleurs nan? Si c'est pas le cas, bah écoute prends toi en main et fait quelque chose de ta vie.

Allez, une histoire, Père Castor!

Figure toi qu'il a quelques temps, mon frère m'apprit qu'il existe un mot pour désigner la tare dont je suis affectée depuis le plus jeune âge. Car, peut-être ne le sais-tu pas, mais j'ai un problème avec la viande, et les animaux dans mon assiette d'une manière générale. Je ne supporte pas de découvrir au détour d'un morceau de viande un quelconque élément me rappelant l'être vivant qui se cachait derrière: tendon, veine, yeux, etc. Ca me dégoute au plus haut point. Autant te dire qu'il ne vaut mieux pas me servir des crevettes entières ou de la tête de veau. Ni m'emmener dans une boucherie. Et ne compte pas sur moi pour te cuisiner des trucs à base de viande, sauf du steack hâché ou du jambon (découenné-dégraissé) à la rigueur.

Bref, et donc apparemment je ne suis PAS SEULE et cette affection aurait un nom. Sauf que mon frère ne se rappelle plus de ce nom, et que depuis je le cherche inlassablement sans mettre le doigt dessus. Si t'as une quelconque info sur le sujet, manifeste toi et tu auras toute ma gratitude.

Un jour que je glandouillais sur le net en quête de cet inssaisissable Graal, je suis tombée sur ce site. Personnellement, je suis restée bloquée dessus pendant un bon moment. Si je n'ai toujours pas trouvé le mot que je cherchais, j'ai découvert en revanche qu'il existe des noms pour tout et n'importe quoi, comme par exemple l'anatidaephobie (peur fictionnelle qu'un canard est en train de vous regarder, euh...ok), la stickophobie (peur des autocollants...WTF?), la scalaglobophobie (la peur des boules de rampe d'escalier, sans dec), etc etc.

J'ai ainsi pu mettre un nom sur quelques autres phobies que je traîne, dont la cheimophobie (peur des orages), la cymophobie (peur des vagues) et surtout la climacophobie (peur de tomber dans les escaliers). Je suis pleine de tares mais sois honnête, je suis sûre que toi aussi, t'as dû te trouver deux-trois pathologies sur le site précité.

On m'a toujours dit que le meilleur moyen de surmonter une peur, c'est de l'affronter pour de vrai une bonne fois pour toutes. Vérifiant involontairement cet axiome, il y a à peu près un mois je suis tombée dans mes escaliers. Mais genre bien comme il faut, le vrai gadin, en plein sur les fesses, avec un tel choc que j'ai eu le souffle coupé sur le coup. J'ai rampé péniblement jusqu'à mon canapé, j'ai haleté deux-trois minutes avant de réussir à dire à mon chéri qui me regardait avec des yeux comme deux ronds de flan de m'amener de la glace et d'appeler un prêtre parce que ma dernière heure était sûrement arrivée (j'exagère un tantinet mais presque pas). Je m'en suis tirée avec un bleu qui tirait plus sur le noir-violet, couvrant l'intégralité de ma fesse gauche, et aujourd'hui il me reste une sorte d'hématome interne difficile à déloger. Suite à cet incident, j'ai compris que tout le monde devrait être climacophobe, parce que les escaliers c'est le mal, qu'ils complotent contre nous et qu'ils veulent notre mort.

Conclusions: maintenant que ma peur de tomber dans les escaliers s'est réalisée, bah je ne suis pas DU TOUT guérie. Bien au contraire, je psychote un max et je m'accroche aux rampes (parce que par contre, je n'ai aucun problème avec les boules de rampe d'escalier...) comme si ma vie en dépendait (ce qui s'est avéré vrai d'ailleurs). Comme quoi la psychologie de comptoir, c'est de la connerie.

Voilà, c'était l'histoire des aventures de ma fesse gauche cet été. Maintenant faut que je te laisse, je dois expliquer à mon plaquiste que son devis est honteusement cher et qu'il peut se torcher avec. Enfin pas comme ça, mais dans l'idée.