L'autre jour au Grand Journal y'avait un type qui venait présenter son bouquin sur l'interprétation des rêves. Et en gros il expliquait que plus on prend l'habitude de raconter ses rêves, plus on s'en souvient facilement.

Mouais. Sauf que bon, en général nos propres rêves n'intéressent que nous. Parmi les sujets de conversation banals du quotidien, convenons qu'il n'y a rien de plus chiant que d'écouter les autres raconter leurs rêves (si ce n'est peut-être entendre les gens raconter ce qu'ils ont mangé au resto).

Mais il existe aussi un deuxième facteur qui permet de se rappeler de ses rêves, c'est de se réveiller en plein milieu. Ce qui est toujours frustrant puisque, bien évidemment, il manque toujours la fin. D'ailleurs, je me demande si les rêves qu'on fait sans se réveiller ont une fin...Hmmmm....

Pour ma part, j'ai développé et mis au point depuis de nombreuses années une technique qui me permet, lorsque je suis réveillée en plein milieu d'un rêve (ou d'un cauchemar), de le prolonger dans un semi-éveil et de le continuer en me rendormant. Comme ça, je décide un peu du dénouement et même parfois je peux finir l'histoire en la réarrangeant à ma sauce.

Mais naturellement, certains matins (trop nombreux), je n'ai pas l'occasion de me rendormir. Alors parfois je continue mon rêve pendant toute la journée, parce que l'histoire me plait bien.

Ce qui, au bout du compte, me permet de fignoler tout un tas d'histoires qui, si je prenais la peine de les mettre par écrit, intéresserait peut-être Hollywood... qui sait? Non, parce que soyons clairs, de nombreux films sortent chaque année avec un scénario nettement moins élaboré que mes rêves.

Le problème c'est que, bien sûr, j'en suis toujours plus ou moins l'héroïne, car je tiens quand même le rôle principal de ma propre vie. Et je ne suis pas prête à me mettre en scène comme ça, au cinéma. J'ai une vie privée, merde.

Donc tant pis pour ces potentiels chef-d'oeuvres du cinéma, qui resteront à tout jamais à l'état d'ébauche dans mon cerveau fertile.